vendredi 22 mai 2020

La Flibustière


La Flibustière par Michel Fenioux (Cinok) ainsi que Denis Chollet (Le Mongol fier).

Plus de 20 numéros entre 1998 et 2003.

L'histoire en détail de La Flibustière dans ce texte de Denis Chollet (mai 2020) : 
"J'évoquais ici-même en 2015 la publication La Flibustière éditée à Nice par feu Michel Fenioux et faisant suite à d'autres titres dont Cinok, titre qu'il avait créé, autour duquel nous avons plus tard réfléchi, au début des années 90, comme support de presse underground à des propositions dadaïstes en hommage à Tzara.
La Flibustière, sorte de retour nonchalant sur les années d'érudition qui furent celles du fanzine le Mongol fier, proposa des sujets démodés et néanmoins pataphysiquement de pleine actualité, quoiqu'il soit difficile de mesurer les manques d'une pleine actualité malgré les prouesses de la technologie du numérique. Parmi les admirateurs et abonnés de ce fanzine : François Caradec, Noël Arnaud, Jean-Claude Romer, Jean-Etienne Huret (librairie de la Pompe ou Nicaise), Nicole Canet de la galerie Au Bonheur du jour, etc.
Roger Cornaille « le Minotaure » salua ces retrouvailles entre lui et moi à travers les collages inédits ou méconnus réalisés par lui en marge de ses activités de libraire. Jacques Sternberg salua notre longue amitié à l'occasion de la publication en fac-simile de ce chapitre inaugural du tapuscrit qui devait devenir L'Employé aux éditions de Minuit, en 1958. Plusieurs numéros furent consacrés à Jean Boullet par la reproduction de documents rares ou inédits. C'est durant cet « avant l'an 2000 » que je me liais à Valérie Schmidt, ancienne gérante de la légendaire librairie A la Balance qui propulsa en 1953 quelques-uns des meilleurs de la science-fiction française. C'est Valérie Schmidt, Jacques Sternberg, Stephen Spriel, Philippe Curval et quelques compagnons en conjectures qui imaginèrent cette exposition intitulée Présence du Futur, un titre que Robert Kanters reprit avec succès aux éditions Denoël, les amateurs le savent déjà.

Index des numéros parus
A la Flibustière, nous empruntions la machine à remonter le temps vieille d'un siècle mais toujours en usage et les dates défilaient sur l'écran, il suffisait d'appuyer sur le bon bouton : 1948, 1953, 1958, 1961, 1966 … L'idée de consacrer un numéro tout entier à la programmation de la salle de cinéma le Midi Minuit en 1966 – une saison en enfer, venait de ce que j'avais acheté quelques années plus tôt un lot des 60 premiers numéros de la revue Pariscope, publié justement en 1966. Tous les programmes de l'année y étaient indiqués. Michel Fenioux et moi avons complété par l'iconographie et la recherche documentaire ou les témoignages inédits une période cinéphilique que des mordus comme Pierre Charles (Ciné-Zine-Zone) ou Norbert Moutier (Monster bis) ont largement contribué à réévaluer. Tous ces amis sont morts depuis que les Twin Towers ont dégringolé au profit d'une nouveau monde qui n'était pas le leur, ni le mien. Michel Fenioux est parti rejoindre Santo le vengeur mexicain pour qui il avait une passion, en août 2003 suite à une canicule extrême dont le ministère de la santé publique doit encore se souvenir, sinon du nombre de morts âgés ou non.
Le libraire le plus conquis par nos publications fut sans conteste Jacques Noël d'abord de la librairie les Yeux Fertiles (au 2 rue Danton), là où il était depuis le début des 70 et puis à la fin des 80 sous l'enseigne Un Regard Moderne, rue Gît-le-Coeur. Il vendait Le Mongol fier rue Danton et Kronica ou La Flibustère rue Gît-le-Coeur. Jacques Noël partageait aussi l'impatience de quelques lecteurs qui réclamaient une réédition urgente du Ciné-Zine-Zone sur Barbarella de Jean-Claude Forrest (n°53-54, 1991). On rigolait avec peu de choses, finalement. Les tirages des fanzines étaient microscopiques, les tarifs postaux augmentaient, les syndicats encourageaient à la grève, le pétrole n'en finissait pas de brûler et de polluer toute une partie de l'Irak et de l'Arabie.

Au désastre quasi permanent du monde, d'autres disaient Spectacle du monde et monde du Spectacle dans le sillage de Guy Debord, quelques fanzines ont participé à une fête permanente entre tribus indiennes pacifiées dans les quartiers des villes de France et d'Europe, tribus ayant vécu les changements du format de papier, l'alcool ou l'encre des machines à ronéoter, le bourrage d'un photocopieur, le prix d'une couverture imprimée en couleurs, le dépôt en librairie digne d'une cérémonie secrète ou d'une initiation, l'angoisse du renouvellement des abonnés".

Merci à Denis Chollet pour ce texte et pour toute la documentation fournie.

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