jeudi 9 août 2018

Entretien avec Matthieu Nédey et Valentin Sannier

Quand on voit l'un, l'autre n'est jamais très loin. Ils font partie de la jeune relève du fanzinat, arrivés sur la pointe des pieds depuis seulement quelques années mais qui se sont vite imposés et intégrés dans le "milieu".
Valentin Sannier (alias Val le blond), fondateur et rédacteur en chef des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, collaborateur au site Monsters Squad et à Cathodic Overdose, le fanzine de son pote, Matthieu Nédey (alias Mighty Matt), qui lui rend bien puisque participant aux fanzines précités, mais également à Monsters Squad (pour lequel il a par ailleurs réalisé le design), ou encore au fanzine Everyday is Like Sundayil chronique aussi régulièrement des films sur une page Facebook du nom de Les films du placardAvec ce passé déjà riche et une actualité assez chargée pour avoir des choses à raconter, c''était l'occasion de rencontrer nos deux compères pour qu'ils nous en disent plus...

A propos de Torture Oculaire

-Valentin Sannier : J’ai toujours été obsédé par l’idée de faire un magazine depuis que je suis tout petit, gamin je faisais déjà un truc qui s’appelait « Ici pourri, le journal des petits pourris », avec des fausses pubs etc.
Ensuite j’ai découvert les fanzines grâce à Maniacs, je trouvais ça super cool, c’était exactement ce que je voulais faire. Il y a eu aussi Everyday is Like Sunday de Sam Guillerand qui m’a mis le pied à l’étrier.
C'est vraiment celui-là qui m'a donné l'impulsion de faire mon propre zine. J'ai donc commencé avec Torture Oculaire, fin 2008, c'était un fanzine étudiant, fait sur nos heures libres, pour tuer l’ennui pendant nos études en BTS communication visuelle. A la base on était 3 potes et le fanzine était surtout centré sur la BD, mais j'y intégrais quand même des pages musique et cinéma, pour varier un peu et parce que c'était mon truc.
Au départ mensuel pendant plus d’un an, Torture Oculaire est devenu ensuite bimestriel, avec de plus belles couvertures (dos carré/collé, couleur). Au fur et à mesure, on a invité quelques copains à participer, dont Matthieu. Le fanzine était fait à l’arrache mais pour les derniers on y avait mis plus d’énergie, d'ambition. Il fonctionnait plutôt bien. 

-Matthieu Nédey : Mais les profs ne nous aimaient pas trop, ils nous appelaient même de manière un peu condescendante "les fanzineux". Perso ça m’amusait et je pense qu’on provoquait un peu exprès aussi, on faisait des fausses pubs, des photos-montages parfois limite. En fait, on faisait beaucoup d’humour noir, on tapait sur les religions, etc. Je pense même qu’on était contents que ça nous mette un peu « en marge ».

-VS : Effectivement, ils n’aimaient pas qu’on passe du temps à travailler sur autre chose que sur les cours alors que c’était l’application pure de ce qu’on apprenait en classe.

-MN : Encore une fois, ils n’aimaient pas vraiment l’esprit et ne saisissait pas notre univers. La sous-culture, c’était vraiment pas leur truc.

-VS : On était les vilains petits canards quoi...

-MN : Et pourtant on avait notre petite réputation dans le bâtiment des arts appliqués et Torture Oculaire se vendait principalement dans le lycée.

-VS : C’était le fanzine du lycée en fait, mais à la fin on était quand même vendu dans des boutiques de Besançon mais aussi Dijon et même Genève. Bref, on a réussi à le vendre un peu partout, un peu sur le net aussi.
Ensuite on a intégré plus de monde et c’est devenu compliqué.

-MN : A la fin tout le monde n’était plus investi de la même façon, c'est dommage...




Leur rencontre

-VS : On s’est rencontré grâce à nos études communes.

-MN : En fait, moi j’étais dans la promo du dessous, j’étais le petit jeune de première année. Au début, j’achetais Tortue Oculaire et j’avoue que j’étais un peu jaloux parce que j’avais envie d’y participer. Je voulais créer quelque chose aussi, un truc complètement dans cet esprit-là, je voulais faire des BD, causer de films et de musique mais il n’y avait personne dans ma classe qui était…

-VS : …cool !

-MN : Oui voilà, c’est ça, il n’y avait personne qui était assez cool pour faire ce genre de projet. Les seuls qui avaient un peu le spirit collaboraient déjà à Torture Oculaire. J’avais d’ailleurs conseillé à Val d’y mettre telle ou telle chose que des camardes de promo avaient faite ! Je recrutais quoi, mais pour ma part, j’ai mis un peu plus de temps avant d’arriver dans l’équipe. J’ai commencé dans un numéro spécial fête de la musique. J’étais content.

-VS : C'était le n°7.

-MN : J’ai fait des chroniques CD, principalement du hardcore il me semble, mais j’avais aussi envie de faire des chroniques de films un peu dégueulasses ! Avant d’écrire dans Torture Oculaire, j’avais seulement fait des petites BD dans mon coin, des trucs comme ça que je ne diffusais pas. Mais jamais des fanzines parce que j’ai besoin d’avoir des gens autour de moi, et à chaque fois j’étais seul. Pour Torture Oculaire, j’étais tellement excité que j’ai fait un peu de forcing et Val a fini par craquer et accepter que je participe davantage.

-VS : Et il a intégré l’équipe à partir de la « saison 2 » (le n° 13).

-MN : Au début je faisais des petites chroniques. Ensuite j’ai pris d’avantage part à certaines étapes de la conception du zine, comme la mise en page par exemple. Et, honneur ultime, j’ai même eu le droit de réaliser une couverture. Puis je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé, après les examens, le projet s’est un peu liquéfié, plus personne n’envoyait de textes ou de planches et on s’est un peu perdu de vue avec Val, avant que je le recontacte presque cinq ans plus tard pour Cathodic Overdose.

La Fraîcheur des Cafards

-VS : L’ambition initiale avec La Fraîcheur des Cafards, c’était vraiment de faire mon petit truc à moi. Puisque ça avait foiré avec Torture Oculaire, je voulais refaire un zine tout seul dans mon coin, un peu comme un petit carnet de bord perso. Je voulais y intégrer les nouvelles que j’écrivais à l'époque, parler des films que j’avais vu, des disques que j’écoutais à ce moment, intégrer un peu de BD... Finalement, le zine a pas mal évolué.
Même si j’en avais un peu marre de travailler avec d’autres personnes (car ça m’avait saoulé sur Torture Oculaire) j’ai rapidement demandé à des amis de venir bosser avec moi sur La Fraîcheur des Cafards. Car finalement j’aime bien cet esprit d’équipe. Je trouve ça important. Mes collaborateurs écrivent sur ce qu'ils veulent, ils ont carte blanche.

-MN : C’est ça qui est bien aussi quand tu montes ton zine : fédérer une équipe. Parfois, quand tu invites des gens à écrire dans tes pages, ils sont un peu genre stressés, ils demandent ce qu’ils peuvent faire ou pas… Je ne comprends pas vraiment ça car je pense que pour Val, comme pour moi, il n’y a pas vraiment de cahier des charges. Ce doit être le résidu de l’esprit Torture Oculaire

-VS : Tu fais ce que tu veux c’est ça qui est beau. 
Pour la suite de La Fraîcheur des Cafards j’ai toujours quelques idées d’avance dans la tête, je sais où je veux aller et ce dont j’ai envie de parler. Mais c’est aussi en fonction des découvertes, je n’ai pas de gros plans, je ne me mets pas de pression.



Cathodic Overdose

-MN : Comme je le disais, avec Val on s’est perdu de vue pendant environ cinq ou six ans. Il a pris la caisse de Torture Oculaire et on ne l’a plus jamais revu ! 

-VS : Tu parles ! Vous m’avez laissé avec les dettes…

-MN : Plus sérieusement, à l’époque je bossais sur les fanzines de Sam, Everydayis like Sunday, je faisais la mise en page car j’avais déjà collaboré avec lui sur des pochettes CD. J’ai rencontré Sam après avoir décoré le local de mon groupe, dans lequel il répétait aussi avec Demon Vendetta, avec des affiches de Roger Corman d’ailleurs. Bref, un moment j’ai eu envie de faire mon propre zine mais n’ayant jamais été très bon dans l’exercice, je n’étais pas trop chaud sur le fait d’écrire. Je n’ai donc pas poussé l’idée. Puis un ancien pote m’a proposé de gérer la partie cinéma de son blog. Comme j’avais l’impression de ne pas avoir le temps, j’ai pensé à Valentin et je lui ai téléphoné pour lui demander si ça l’intéressait. Au final, ça ne s’est pas fait et j’ai finalement accepté la proposition de mon pote. J’ai donc recommencé à écrire des textes qui ont en fin de compte été la base de mon futur zine. Comme j’avais repris contact avec Val, j’en ai profité pour lui proposer d’écrire dans Cathodic Overdose avec moi, comme à la grande époque quoi ! Et puis je ne voulais pas tout écrire tout seul car comme je te disais, dans nos études de graphisme, sur Torture Oculaire certains dessinaient super bien, d’autres avaient une bonne plume, mais moi j'étais plus doué pour la mise en page. C’est cette partie qui m’intéressait plus que l’écriture à la base.

-VS : Et comme moi je suis plutôt nul dans la mise en page je dessinais…

-MN : Je sais que les gens n’aiment pas forcément ça mais moi, ça m’a toujours plu, et les connaissances techniques acquises en formation me permettaient de faire des choses un peu folles mais assez propres. Enfin, comme je te le disais, j’ai débuté avec les pochettes CD, les fanzines je ne connaissais pas trop au début. J’ai découvert ça grâce à Valentin qui ramenait au bahut ses Everydayis like SundayDans le principe de création du zine, pour Cathodic Overdose, au début, on faisait tout à la main avec ma copine et ça me plaisait vachement mais je me suis rendu compte que si tu veux commencer à diffuser un peu plus, ça devient compliqué. Pour arrêter de coudre tous les exemplaires à la main et éviter les impressions pas toujours nickels, Valentin m’a conseillé de contacter l’association Sin’Art. Corrections orthographiques, impressions, avance des frais… J’étais vraiment intéressé par le fait de tirer le zine vers le haut, l’emmener vers autre chose.

-VS : Ils te font la promo aussi, le principe est quand même intéressant.

-MN Au final j’étais content même si j’ai eu un peu peur de « perdre » mon fanzine, le côté personnel surtout. Donc j’ai décidé de ne pas continuer avec Sin’Art. Maintenant, avec Emilie [Girard, sa compagne], on a notre association, qui s’appelle Ours, et avec laquelle on va essayer, en faisant du dépôt, de réinvestir l’argent dans le financement d’autres fanzines qu’on apprécie.

-VS : Ils l’on fait déjà pour une partie du n° 6 de La Fraîcheur des Cafards.

-MN : À la base, avec Emilie on faisait de la sérigraphie et des fanzines illustrés, qui n’avaient rien à voir avec le cinéma, on les déposait en librairie où ils se vendaient plutôt bien, qu’ils coûtent 2, 4 ou 5€. Comme on devait faire des factures, il fallait qu’on monte une asso. On l’a créée, on a incorporé Cathodic Overdose pour récupérer l’argent et le réinvestir dans d’autres impressions. Petit à petit on s’est dit que ce serait sympa de faire d’autres fanzines, de mettre de l’argent ailleurs, on faisait ça aussi avec des vinyles. Donc le projet c’est de faire de la microédition et de la distribution, mais je ne me bouge pas assez pour l’instant… par contre j’ai déjà du stock.

-VS : C’est un beau projet ça.

-MN : Pour revenir à Cathodic Overdose, par rapport aux personnes qui collaborent au fanzine, comme disait Val, ils font ce qu’ils veulent. Quand tu connais les gens avec qui tu travailles, que tu as des atomes crochus avec eux, tus ais que le zine sera agréable, quoiqu’ils racontent. Par exemple, Augustin Meunier de Black Lagoon et du site Toxic Crypt, voulait parler des Tortues Ninjas. Il ne pouvait pas le faire ailleurs et j’étais super content qu’il me le propose pour mon troisième numéro parce que je savais que ça lui faisait plaisir.



Le fanzinat actuel

-VS : On ne pensait pas qu’il  avait un microcosme aussi riche. Moi c’est à partir du moment où je me suis créé une page Facebook pour La Fraîcheur des Cafards. Non seulement j'en ai vendu plus mais aussi, en me créant des liens, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de gens qui bossaient là-dessus.

-MN : On avait peut-être conscience qu’il se passait des choses mais on ne le voyait pas avant de contacter les gens par facebook. À Besançon, je crois qu’il n’y a pas de librairie où trouver des fanzines spécialisés dans le cinéma. C’est en arrivant à Lyon plus tard finalement que j’ai commencé à découvrir tous les titres et à en collectionner certains… c’est que j’avais pour ma part du retard à rattraper.

-VS : Au niveau de ce qu'on trouve actuellement je trouve que Chéribibi c’est vraiment cool, super éclectique, super pointu. Trash Times, c’est vraiment de la bombe aussi.

-MN : Oui, trash Times c’est clairement l’un des tous meilleurs zines à plusieurs niveaux.

-VS : Après t’as tous les grands anciens.

-MN : Comme Vidéotopsie. J’en profite pour dire que j’ai adoré le spécial Amityville, ultra personnel et du coup assez touchant. Et puis dans les bons titres, il y a aussi Black Lagoon maintenant, qui est arrivé avec ses gros sabots et son esprit mauvais garçon… C’est probablement une histoire de génération mais les thématiques abordées me parlent vachement et l’humour du zine ne l’empêche pas d’être assez pointu.

-VS : Pareil, c’est bien mon esprit, je m’y retrouve aussi beaucoup, avec des sujets qui me parlent davantage.

-MNOui ça change un peu des trucs italiens qui nous parlent moins car on n’a pas forcément grandi avec. Ça fait du bien d’avoir des choses qui nous parlent plus à nous, à notre génération. C’est complémentaire avec un fanzine comme Médusa qui reste plus érudit mais tout aussi indispensable. Et puis dans le même esprit, au-delà des fanzines il y a aussi les bouquins de Damien Granger qui sont cools [B-Movies Posters], je ne sais pas s’il serait content d’entendre ça mais je vois ses projets un peu comme du fanzine de luxe en fait.

Comment se positionnent La Fraîcheur des Cafards et Cathodic Overdose, les sujets abordés

-VS : Personnellement je m’en tape de comment on est par rapport aux autres.  Je fais vraiment mon petit truc dans mon coin.

-MN : Je pense que le fait d’être « les petits derniers » ça nous force quand même à faire les choses bien. Quand tu vois la production actuelle ça te pousse à faire les choses correctement, ne serait-ce que par respect pour ce que les prédécesseurs ont apporté.

-VS : Tu penses qu’il y a une émulation ?

-MN : Oui. Quand tu vois la qualité des derniers numéros des fanzines comme Médusa ou Vidéotopsie… Je pense qu’il y a inconsciemment un échange générationnel qui te tire vers le haut. C’est un peu comme des oncles dont tu voudrais faire perdurer l’héritage. 

-VS : C’est vrai aussi, ça te pousse vers l’avant.

-MN : Sinon, à propos des sujets qu’on traite, j’aime bien le fait qu’on assume le côté culture populaire transversal, en allant même jusqu’au jeu vidéo. Par exemple le sujet sur le CD-i dans le troisième Cathodic Overdose c’est ce qui m’a fait le plus tripper à écrire.
Comme on disait, nos références sont dans le même délire, Everyday is Like Sunday en premier. Ce ne sont pas que des fanzines ou des magazines amateurs, c’est plus des carnets de bord, un peu comme un journal intime en fait.

-VS : En tout cas on est clairement des descendants d’ Everyday is Like Sunday.

-MN : Oui, d’ailleurs on parle moins de choses techniques ou d’histoire que d’autres zineux. C’est des choses qu’on maîtrise moins. On est plus dans le ressenti, dans le feeling… Notre amour pour cette culture, elle vient des découvertes de films mais aussi de ces séries, de ces jeux, de ces livres…  Tout est lié et au final le rapport qu’on entretient avec les univers dont on parle sont plutôt persos. Ce qu’un film me rappelle, ce qu’il me dit et dans quel état il me met, c’est pour moi plus important que le film en lui-même. On est donc forcément moins encyclopédiques…

Projets

-MN : Un projet qui aurait été cool c’était peut-être de faire un splitzine ensemble.

-VS : Ouais, on voulait faire un numéro double, comme ils l’ont fait avec Délivrance et Everyday is Like Sunday.

-MN : Maintenant, nos deux fanzines sont assez proches l’un de l’autre, ce ne serait peut-être pas vraiment intéressant de séparer en deux parties…

-VSOn a aussi parlé d'éditer un truc tiré de Monsters Squad. C’est complètement à notre portée. On pourrait réécrire deux ou trois trucs chacun, trier un peu dans les textes qu'on a déjà... En tout cas j’ai envie que ce soit édité, c’est toujours plus agréable de lire sur papier. Et plus satisfaisant, parce que ça existe, c'est un objet.

-MN : Oui, personnellement, quand j’écris pour Monsters Squad je pense qu’un jour il y aura une sortie papier. Un zine, ça vit autrement qu’un blog et tu peux te faire plus plaisir avec le format papier, même si sur un site on essaie de faire de belles choses… Je pense que Monsters Squad est quand même beau et propre… Je suis content… Mais c’est différent.

-VS : Pour une date anniversaire on pourrait faire ça.

-MN : Ouais, enfin, on attend que Pascal [Gillon] corrige ses fautes…  



-MN : Pour le prochain Cathodic Overdose, je visais normalement une sortie en octobre 2018 mais ça sera trop compliqué donc on verra. Début 2019 ma parait plus probable. Avec Valentin mais aussi Damien [Granger], on va faire un gros dossier sur les filmographies croisées de Brian Yuzna et Stuart Gordon. Cela a été vu et revu mais bon, encore une fois ça fait partie de notre ton aussi. Là où c’est intéressant, pour Médusa par exemple, d’aller chercher certains films, d’aller gratter, nous justement, vu qu’on n’a pas les compétences ou la capacité à gratter autant, on parle de choses moins surprenantes. Donc on fait du Yuzna et du Gordon, on parle de Ré-Animator pour la 140ème fois mais voilà… Les gens ne vont probablement rien apprendre…

-VS : Peut-être, on ne sait pas. Moi j’avais fait un dossier sur Carpenter [in La Fraicheur des Cafards n° 3] parce que j’avais envie de le faire et il a été plutôt bien reçu. Donc pour ce dossier-ci, Matthieu va traiter tous les films de Gordon et moi de Yuzna.

-MN : Voilà, on trouvait l’idée rigolote comme on est souvent associés et que c’est un peu pareil pour ces deux réalisateurs.

-VS : Pour le prochain La Fraicheur des Cafards, comme je suis papa depuis peu, je suis assez occupé, mais j’ai déjà mon sommaire.

-MN : Il y a un autre projet aussi, un nouveau fanzine d’un mec qui a un blog, il voulait bosser avec des gens et donc il nous a proposé d’y participer. Je pense que le fanzine peut être bien cool.

-VS : J'ai réalisé la couverture et aussi fait quelques illustrations et chroniques. Il y aura notamment un dossier sur Corman, et ça sera branché surf rock ! 

-MN : Ensuite, avec Valentin à terme, on aimerait bien faire un bouquin sur les monstres. Ce qui nous faisait triper c’était le livre de Jean-Pierre Putters, Les 101 monstres ringards

-VS : C’est un peu notre bible en commun.

-MN : On voudrait un peu faire ça comme un hommage, réactualisé, car c’est un sujet qui nous a marqué quand on était petits et qui nous a plongé dedans.
Et puis un autre projet, encore loin, mais qui me tient vraiment à cœur c’est un truc spécial Chair de poule, genre un gros projet sur tous les supports sur lequel l’univers de R.L. Stine a existé : les livres, les jouets, la série, les jeux-vidéo…

-VS : Avec ça on aimerait faire un big truc. Peut-être un fanzine commun ou un hors-série.

-MN : C’est clair que ne sera pas un « vrai » livre, mais quelque chose de quand même 150 ou 200 pages.  Je pense que ce serait bien d’y convoquer des gars comme Adrien [Vaillant, Perdu dans la 5ème dimension], Augustin [Meunier, Toxic Crypt], Lemmy [Lemonhead, Film Reels From Outer Space]...

-VS : Des gens de la même génération que nous et qui, comme nous, ont grandi avec cette collection et qui se sont ouverts à l’horreur en partie grâce à elle.

-MN : Il y en a qui ont eu Gore, nous on a eu Chair de poule !

-VS : De mon côté je travaille aussi depuis super longtemps sur un fanzine que j’aimerais sortir et qui comporterait mes nouvelles, un petit format. J’ai même le titre : Sphincters. J’espère qu’il sortira un jour.

Un super grand merci à Matt et Val pour leur disponibilité, leur enthousiasme et leur implication dans cet entretien.

samedi 4 août 2018

Intégrale Midi-Minuit Fantastique volume 3


Rendez-vous le 23 août en librairies (mais déjà disponible à Hors-circuits à Paris) pour le 3ème (et avant dernier) volume de l'intégrale Midi-Minuit Fantastique (éditions Rouge Profond).

752 pages dont 800 photos couleur et noir et blanc, ainsi qu'un DVD de quatre heures.

Le sommaire complet:

  • Préface d’Édith Scob
  • Raquel et la lettre volée, par Nicolas Stanzick
  • Les numéros 12 à 17 de Midi-Minuit Fantastique avec une iconographie enrichie :
– n°12 : Jacques Tourneur, Domenico Paollela, Barbara Steele
– n°13 : Edgar G. Ulmer, Les Festivals
– n°14 : Christopher Lee, Fu Manchu, Batman
– n°15/16 : Le Golem, Karel Zeman, Trieste, San Sebastian
– n°17 : Barbara Steele, Jean-Pierre Mocky

  • Un chapitre de textes et photos inédits, L’Entracte du Midi-Minuit, avec :
– un entretien-fleuve : Roger Corman, par Nicolas Stanzick (2018)
– une rubrique érotique riche en iconographie : Rita Renoir, par Christophe Bier (2018)
– une rubrique dessin : Dracula, par Philippe Druillet (1968)
– une rubrique photo dédiée au bizarre: Jean Boullet, par Jean-Claude Romer (1961)

  • DVD
-présentations de Nicolas Stanzick
-documentaire Jean Boullet, le Montreur d’ombres
-6 courts-métrages.

Comme les deux premiers volumes, le livre propose une version entièrement restaurée et augmentée de Midi-Minuit Fantastique : texte ressaisi et homogénéisé, éléments graphiques d’origine nettoyés (couvertures, titres, pubs…), photos puisées aux meilleures sources HD, etc. Le tout dans un respect scrupuleux de la maquette d’origine.

mercredi 4 juillet 2018

B-Movies Posters Volume 2


Le Retour des plus Belles Affiches de Série B : Action ! Horror ! Sci-fi ! Erotica !

Des affiches toujours plus démentes !
Des Art Of époustouflants !
Des films totalement barrés !

Art Of FULL MOON ORIGINAL SERIES !
BONNIE & CLYDE VS DRACULA !
BLOODSUCKERS FROM OUTER SPACE !
Art Of GODFREY HO ! 
INSECTULA !
TRANSMORPHERS !
Art Of SILVER STAR FILM COMPANY !
MICROWAVE MASSACRE !
REVENGE OF THE RADIOACTIVE REPORTER !
Art Of N.G. MOUNT !
I WAS A TEENAGE SEX MUTANT !
HALLOWEEN PUSSY TRAP KILL KILL !
Art Of STRIPPERS, CHEERLEADERS & SORORITY SISTERS !

Et des dizaines et dizaines d’autres !!!

Précommandez B-Movie Posters Volume 2*
Et recevez en cadeau 4 Fiches Collector** qui complètent le dossier Art Of FULL MOON ORIGINAL SERIES ! 
La Collection Pulp Fantasy : Sideshow, Lagoon, Prison Of The Dead, Buried Alive.


Mise en page : Matthieu Nédey
212 pages - Couverture rigide - 16 x 21 cm - Couleur
20€ + 5€ de frais de port
https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr…
Le livre peut être commandé sans détenir de Compte Paypal. Il suffit de cliquer sur « Continuer » puis de choisir l'option "Régler par carte bancaire"
Pour précommander avec Paypal c'est ici.

* Sortie fin Septembre 2018
** Cartonnette A5 recto-verso sur papier couché mat 300 gr. Offre valable exclusivement pendant la période de précommande. Les fiches seront expédiées avec le livre.

jeudi 7 juin 2018

Festival fanzines à Bruxelles les 22, 23 et 24 juin 2018


Ce "27ème défilé folklorique du fanzine" (en fait le 9ème festival de fanzines du bunker, cherchez pas à comprendre :-) ) débutera le vendredi 22 juin 2018 avec une exposition et des concerts et continuera le samedi et le dimanche avec plusieurs animations et notamment des stands d'éditeurs et d'auteurs de fanzines. 
Pour cette neuvième année consécutive, le Bunker Ciné-Théâtre et la rue des Plantes accueilleront plus de 40 dessinateurs, auteurs, artistes, micro éditeurs provenant du monde du fanzine, du Do It Yourself , de la liberté de ton, de l’expérimentation et de l’édition alternative. Le festival qui change de nom à chaque édition, se glisse cette année dans une ambiance folklorique.

Pour ma part je serai présent pour proposer le reste de mon stock de zines cinéma.

Le programme:
Vendredi 22 juin 18h30 : Vernissage exposition « Noémie Barsolle ».
 20h30 : Soirée d’ouverture, Performances folkloriques & Concerts (6 euros)
Samedi 23 et Dimanche 24 juin de 11H37 à 20h03 : Stands, rencontres entre auteurs, dessinateurs et public, expo et animations consacrées au monde du fanzine. 
Durant tout le week-end, des animations se succèderont comme l’édition en live d’un fanzine collectif (réalisé le samedi et distribué le dimanche), la réalisation d'une fresque en live, la création de sérigraphies sur place et à emporter, la remise des prix aléatoires du fanzine,…

Le programme complet est à feuilleter à cette adresse : https://www.yumpu.com/fr/document/view/60393949/27eme-defile-folklorique-du-fanzine



lundi 28 mai 2018

Vidéotopsie n° 21


L'ultime Vidéotopsie sera en précommande début juin, pour une sortie prévue en septembre 2018.

Au sommaire:

- UMBERTO LENZI : dossier hommage et entretien inédit !
- Le cinéma d'AMANDO DE OSSORIO décrypté
- ANTONIO ISASI, l’oublié de la série B espagnole
- Entretien carrière avec LYNN LOWRY ("I Drink your Blood", "Frissons", "La Nuit des Fous Vivants"…)
- LE DÉMON AUX TRIPES disséqué
- Dossier TOM GRIES ("Serpent Island", "Will Penny", "Helter Skelter"…)
- Manga cochon et hentaï savoureux : la saga NETORASERARE
- CATHEDRAL : Carnival Bizarre au pays du doom metal
- Entretien avec FRÉDÉRIC LECLERCQ : le gore au corps et la basse aux paluches !
- VIDEOTOPSIE autopsié : 25 ans de fanzinat… avant de fermer le cercueil
- REVIEWS BIS en pagaille
- Cinéma amateur… et à mater !
- Vieilleries en vrac chez le bouquiniste
- Rayon Fanzines
- Et pour quelques infos de plus…
- Témoignages des amis Augustin - Rigs Meunier et Didier Lefèvre : à propos de "Vidéotopsie"

228 pages, couvertures couleurs.

mercredi 16 mai 2018

Monkey's TV le mag n° 3


Monkey's TV le mag sur les Tokusatsus (voir description pour plus d'infos) en est déjà à son troisième numéro. Au sommaire: interview exclusive de Yoshikatsu Fujiki (Kamen Rider Black Rx), Alexandra (Saturday Man) Kyuranger, Gamera, Haim Saban, Gunhed, le Dorothée magazine, et toutes les rubriques habituelles.

28 pages toutes en couleur à commander sur www.facebook.com/monkeystelevision/.

dimanche 29 avril 2018

Scream n° 14

Scream n° 14 prévu pour fin juin 2018.  
Au sommaire: MAD MAX A L'ITALIENNE - SCIENCE FICTION SPAGHETTI PART 4. 
(10,20€ frais de port compris pour la France (http://cinema-scream.fr/).

mercredi 25 avril 2018

Oraison Funèbre pour Chair Blême


Oraison Funèbre pour Chair Blême, fanzine de Yannick Maréchal qui sent bon l'amour pour le cinéma fantastique. 
Il y est bien évidemment question de films mais aussi de revues et fanzines ciné. Dans le premier numéro, sorti en mars 2018 et au tirage très limité, sont notamment passés au crible les premières revues françaises de cinéma fantastique, un fanzine espagnol et la revue Star Ciné Vidéo.

Avant ça, en octobre 2017, Yannick avait sorti un fanbook, Reggae & Horror - The Black Curse of Bloody Island (mélange plutôt étonnant de reggae et de cinéma d'horreur).

Sommaire:
N°1 (mars 2018): Ecran d'argent Judex - Les partitions perdues de l'Horreur synthètique - William Stout - Meet The Werewolf, The 25 best lycanthropics songs ever - Cinema 57 (revues françaises de ciné fantastique) - Horror Blax - Le Vampire à la télé - Michel Landi - Fanzine 2000 Maniacos - Movies Orgie - Le magazine Star Ciné Vidéo - La musique dans les films de Zombies...

jeudi 5 avril 2018

Entretien avec Lucas Balbo


C'est au tour de Lucas Balbo de nous parler de la genèse et de la fin de son fanzine Nostalgia, de cet âge d'or du fanzine cinéma qu'étaient les années 80 et aussi de cinéma Bis. 

-Comment est né Nostalgia ? Les deux premiers numéros traitaient de ciné et de bande-dessinée, ensuite le fanzine est passé au 100% cinéma. Pourquoi ?

Les 2 premiers numéros de Nostalgia sont en fait des hommages à mes revues favorites de l’époque qui étaient les versions françaises des magazines Eerie, Creepy et Vampirella. J’ai un peu copié la formule mélangeant BD/cinéma bis/cinéma de genre. Sauf qu’évidemment comme je n’avais pas l’appui d’une équipe de dessinateurs, c’était plus cinéma que BD en fait.
Comme je n'arrivais pas à faire tout tout seul, je me suis associé avec Gérard Biard pour créer une nouvelle formule entièrement cinéma. Gérard voulait appeler ça "L'Hérétique", mais je trouvais ça un peu lourd, alors on a choisi d'angliciser le titre et c'est devenu Heretic. Mais quand on travaille tout seul, on prend des mauvaises habitudes et je n'ai pas su travailler en équipe, donc il n'y a eu que un seul numéro de Heretic. Pour la petite histoire, Gérard Biard est devenu par la suite le responsable de la section cinéma de Charlie Hebdo. C'est un de seul survivant de l'attentat car il était exceptionnellement en déplacement à l'étranger le jour de la réunion fatale...


-On retrouvait des sujets sur le cinéma Fantastique mais aussi et surtout le cinéma Bis ?

C’est vrai qu’au départ c’était plus basé sur le cinéma fantastique et ce n’était pas encore 100% Cinéma Bis. A partir du n° 3, j’ai élargi le spectre. Dans les deux premiers numéros j’avais fait des dossiers sur les films de la Hammer un peu méconnus, qui étaient un peu mon dada, c’est ce qui m’a poussé à éditer Nostalgia.

-Aujourd’hui il est difficile d’imaginer comment on faisait un fanzine à l’époque où il n’y avait pas internet, comment trouvais-tu les infos ? Avais-tu aussi l’aide de collaborateurs ?

Effectivement, à l’époque on n’avait pas cette bibliothèque formidable en ligne accessible à tout moment du jour ou de la nuit ; donc j’avais ma petite collection personnelle. Il y a aussi beaucoup d’amis qui m’ont aidé du mieux qu’ils pouvaient, notamment Jean Claude Michel qui a collaboré au premier numéro de l’EcranFantastique de la formule ronéotypée à la formule éditée par Lherminier en format à l'italienne.
C’était une partie de mes sources, puis j’ai commencé à accumuler les dossiers de presse, là où sont les sources accessibles et recopiées dans la presse;  et aussi et surtout, les annuaires de production distribués à Cannes à l’époque. J’ai aussi acheté beaucoup de documents, de collections, ce qui m’a poussé à élargir l’édition à la vente par correspondance et en salons spécialisés. Mais au départ, c’était pour avoir une base de documentation sérieuse pour mon fanzine.

-Par rapport à d’autres fanzines photocopiés, Nostalgia était assez luxueux. Comment es-tu arrivé à ce beau résultat ?

L’une des autres raisons qui m’a poussé à éditer Nostalgia est que je travaillais dans l’imprimerie. C’est d’ailleurs par cela que je suis arrivé au fanzinat car à cette époque j’aidais Jean Pierre-Putters à passer de sa formule ronéotypée à une formule 100% imprimée en offset (car, en réalité il n’y a eu que les tout premiers numéros de Mad Movies qui étaient ronéotypés). C’était en fait un mélange de photocopies avec des planches photos imprimées.
 Je me suis dit que puisque" JPP" arrive à faire son fanzine et à le vendre sans être du métier, moi avec l’avantage de l’imprimerie je devais pouvoir m’en sortir. C’est ce qui explique la qualité un peu hors norme des premiers numéros jusqu’aux numéros suivants avec des couvertures imprimées en couleur puisque j’avais un peu plus de moyens que la plupart de mes collègues de par mon métier.

-Pourquoi avoir lancé des numéros spéciaux ?

Au bout de quelques numéros, après les numéros 5 ou 6, s’est posé le problème de la rentabilité de l’édition. C’est là en général où la plupart des éditeurs de fanzines s’arrête parce qu’ils s’aperçoivent, qu’au final, c’est beaucoup d’investissement en temps et en argent, en fonction des budgets qu’on veut y consacrer. Il faut, soit passer à la vitesse au-dessus pour pouvoir y consacrer suffisamment de temps pour que cela soit sérieux, soit abandonner...
 Je me suis donc dit que j’allais essayer des numéros spéciaux, des monographies, dont le premier était sur Klaus Kinski et sa fille Nastassia, qui a très bien marché, il y eu trois éditions différentes. Le deuxième sur Richard Widmark et le troisième, une monographie sur Jack Palance. Pour ces numéros hors-séries, j’avais un distributeur sur la France, dans l’idée de pouvoir vendre un peu plus que les 100 ou 200 exemplaires habituels sur la région parisienne. L’idée était la bonne sauf que le problème, en France, il n’y a pas de vrais débouchés pour les petits distributeurs. Au bout de 3 numéros, mon distributeur a fait faillite et est venu me voir en disant qu’il reprenait la même équipe avec une autre structure mais qu’il ne pouvait pas assurer le passif. C’est-à-dire qu’il ne pouvait pas me payer les numéros déjà vendus mais qu’il voulait bien s’occuper de mon nouveau numéro sur lequel il prenait également 50% à 60% sur le prix de vente. Ça s’est avéré être un mauvais calcul au final...


-Nostalgia date des années 80, cette période fut plutôt florissante pour le fanzinat ? Il y avait une bonne entente entre tous ?

C’est vrai que les années 80 étaient vraiment très riches en fanzines. C’était l’explosion du fanzinat probablement due à la vidéo qui permettait des cinéphilies un peu plus extrêmes. J’ai fait l’erreur de critiquer une partie de mes collègues, par vanité probablement, ce que je regrette un peu maintenant. Donc je me suis retrouvé avec quelques collègues qui ne m’appréciaient pas. Il y a avait une entente mais ily  avait des clans. Je n’étais pas d’un certain clan mais j’en étais d’un autre. Au final, c’était assez bon enfant, mais il y avait quand même des petits "clash".
Mais le fanzine m’a servi de carte de visite pour des échanges à l’étranger. C’est pour ça que, dès que j’allais en voyage à l’étranger, je prenais contact avec un éditeur de fanzines de films fantastiques car il y en avait un peu partout en Europe et surtout aux USA. Ça m’a permis comme ça de développer des contacts amicaux assez rapidement. Et c’est ce que je conseille à chaque éditeur de fanzines de se servir de ça comme tremplin pour faire connaissance avec nos amis étrangers.

-Tu as aussi participé à Horror Pictures ou Mad Movies. Ainsi qu’à d’autres fanzines ou revues ciné ?

Mad Movies, comme je l’ai dit plus haut, c’était plus une collaboration technique. Pour Horror Pictures, c’était la même chose, mais je choisissais plus ou moins les documents ; c’était un travail plutôt éditorial et il y avait peu d'écrit. J’ai surtout écrit des piges à droite à gauche mais comme c’était difficile d’être payé je n’ai pas vraiment insisté dans cette voie.

-Pour quelles raisons as-tu arrêté Nostalgia ? Tu n’as jamais eu envie de refaire un zine par la suite ?

J’ai arrêté Nostalgia car mon distributeur des hors-séries a fait faillite. Comme je ne voulais pas me faire arnaquer une deuxième fois, je n’ai pas continué et je suis passé à la rentabilité de mon investissement temps (on ne va pas parler d’argent). Comme j’avais accumulé beaucoup de documents de cinéma pour illustrer à la base le fanzine, j’ai commencé à louer des photos ou à en fournir pour tous supports : vidéos, presse, édition, etc. Et le fanzine m’a permis de mettre un pied dans ma profession actuelle de documentaliste.
Refaire un fanzine maintenant avec les nouveaux supports est très difficile car il faudrait faire un fanzine ultra pointu qui demanderait beaucoup de temps. Sa rentabilité serait très ardue donc a priori, non. J’ai fait un numéro spécial sur le burlesque que j’ai édité en une centaine d’exemplaires qui se sont bien vendus, mais ça ne m’a pas donné envie de me replonger dans l’autoédition. Car qui dit autoédition dit aussi auto-distribution... 




-Tu as co-écrit avec Laurent Aknin "Les Classiques du cinéma Bis". Comment es-tu arrivé sur ce livre?

Laurent Aknin, qui est un ami de longue date que j’ai rencontré au cinéclub de la faculté de Censier, avait trouvé un éditeur intéressé par le projet. On a réalisé un premier volume, Cinéma Bis, 50 ans de cinéma de quartier où j’étais chargé à 100% de l’iconographie, qui était sous forme de dictionnaire de personnalités (réalisateurs, acteurs et producteurs) qui est totalement épuisé à ce jour. Le deuxième volume, Les Classiques du Cinéma-Bis, a été co-écrit, et j'ai écrit un peu moins d'un tiers du livre, mais j'ai fourni 99 % de l'iconographie. C’est un dictionnaire de films un peu décalés, bizarres, que l’on a sélectionné ensemble Laurent et moi. On s’est donc partagé l’écriture du deuxième livre, dont la deuxième édition revue et corrigée est encore disponible en librairie. C’est arrivé à la suite du Dictionnaire du cinéma populaire français (même éditeur : Nouveau Monde éditions) où Laurent avait fourni une grande partie des textes aussi et où j’avais fourni une grosse partie de l’iconographie. Les livres sur le bis sont venus un peu grâce à ma casquette de documentaliste, et où j’ai débordé sur mon emploi habituel.

- Un projet futur ?

En ce moment, je suis en train de peaufiner un livre sur l’âge d’or de la vidéocassette, la VHS. Ce ne sera pas un livre feel good, dans le genre « Ah qu’est-ce que c’était bien avant », car le DVD et le Blu-Ray sont de vraies avancées technologiques qui ont enterré ce brave format. Mais ce sera un historique de comment la vidéo a transformé la société, la cinéphilie. Il y aura un petit guide des éditeurs, un descriptif de 50 éditeurs, qui représentent à peu près le panel de l’édition vidéo de l’époque. On y trouvera aussi plusieurs entretiens avec des gens de la profession, dont un entretien avec Laurent Melki, le dessinateur des jaquettes les plus chargées de nos vidéothèques. En résumé ce sera une enquête et un historique de la vidéocassette en France (sortie prévue fin 2018, début 2019).

Un grand merci à Lucas Balbo pour sa disponibilité.
Il est encore possible de trouver des anciens numéros de Nostalgia à cette adresse: http://artclips.free.fr/cat9.htm

Transcription et relecture par Anne-Laure Moumal,
 merci aussi à elle pour son aide précieuse.