mercredi 24 juin 2015

Grandeur et misère du fanzinat durant la période 1979/1984

Voici un petit texte intéressant, écrit en 1984 par Norbert Moutier, qui donne un aperçu de l'état dans lequel se trouvait le fanzinat à la fin des années 70, début 80.

"En état de léthargie pendant de longues années (qui ont été étudiées dans Mad Movies), le fanzinat s'est subitement réveillé en 1979 pour atteindre une véritable flambée en 1981. On observe que cette éclosion correspond à l'ouverture de la librairie Movies 2000 animée par Jean-Pierre Putters, pionnier puis pape incontesté du fanzinat de cette époque. Le marché (quoique très réduit) qu'offrait cette librairie permit à plusieurs zines d'éclore. Sur les 70 à 80 exemplaires du tirage, une bonne vingtaine était écoulée ainsi, le surplus vendu entre copains et auprès de quelques clients glanés dans la rubrique "copinage" des autres fanzines... Et le tour était joué...

Une autre explication de cette explosion relève de données purement techniques. En effet, durant les années 50 et 60, le seul moyen artisanal de reproduction passait par la ronéo. D'une part, fallait-il encore en avoir sous la main, savoir la faire marcher, accepter de se salir avec l'encre et être suffisamment mordu ou sûr de son affaire pour investir dans un appareil...D'autre part, hors le procédé merdique du stencyl électronique, ce mode d'impression ne permettait que la reproduction de textes, pas d'illustrations, encore moins de photos!

L'apparition de nombreux copy-services a permis, dès 1980, à n'importe quelle personne accédant à une machine à écrire et disposant d'un tube de colle de confectionner un fanzine. Ces deux éléments expliquent la création de nombreux fanzines, la rue de La Rochefoucauld étant devenue, surtout le samedi après-midi, un véritable état-major du fanzinat où les rencontres ont permis de se monter, aux projets de naître... Fidèles au vent qui soufflait alors dans cette rue proche de Pigalle, les zines étaient principalement axés sur la polémique, le Festival de Paris constituant, de loin, la tête de turc préférée!

Aujourd'hui, tout ceci est disloqué, évaporé, la plupart des ex-fanzineux étant devenus professionnels et les moins chanceux ayant renoncé par lassitude ou découragement. On peut dire que, de nos jours, le phénomène est devenu pratiquement inexistant sur Paris et géographiquement, les séquelles d'initiatives demeurent provinciales (Chair, Ténèbres, Mongol Fier, Monster Bis etc...). Il semble à présent impensable que le mouvement renaisse. La profusion de revues spécialisées a laminé le fanzinat et les meilleures valeurs de maintenant n'imagineraient même plus un instant perdre leur temps à écrire ou produire dans un fanzinat enfermé dans son ghetto et exsangue en collaborateurs capables, de moins en moins tentés par son bénévolat! Au niveau parisien, nous assisterons sans doute encore à quelques naissances spasmodiques engendrées par quelques opportuns soucieux de laisser une carte de visite et visant plus haut. Par contre, la province pourrait encore nous réserver quelques heureuses surprises, principalement cette région Midi-Côte d'Azur déjà si propice!

A ce constat pas tout rose, s'ajoute une constatation assez pessimiste: le fanzinat -en tant que publication s'entend- est une voie sans issue: la plupart du temps, le fanzine capote faute d'audience ou de persévérance et, si il marche, il se transforme en revue, devenant un produit de grande consommation et perdant toute sa personnalité. C'est assurément un cercle vicieux!"

Norbert Moutier - Fanzine Chair pour Frankenstein n° 4 (Claude Vanzavelberg) - 1983.

jeudi 18 juin 2015

Gnomus

Gnomus, fanzine spécialisé dans le cinéma et la BD fantastique et de science-fiction.

Les rédacteurs étaient: Eric MalmassonJean-Marc Toussaint (ayant aussi collaboré à Ciné-Fantasy) et Daniel Mélan.

3 numéros parus (1984).

N° 1 : Festival du Rex - BD - Nouvelles (2) - Articles divers...

vendredi 5 juin 2015

Entretien avec Michel Eloy

J'avais déjà contacté Michel Eloy en novembre 2010 pour un entretien paru sur le site Revues-de-cinema.net dont je reprends ici une partie des questions posées. J'ai profité de la sortie du DVD Le Grand défi chez Artus pour l'interroger à nouveau afin d'en savoir un peu plus sur cette collaboration, sur son passé dans le fanzinat avec Péplum et Kolossal et sur sa passion pour ce genre cinématographique. 

-Comment est né le fanzine Péplum ?

Vers la fin des années '70, je regardais à la TV Les Dossiers de l'Écran d'Armand Jammot. On passait souvent des péplums, avec ensuite un débat animé par de distingués invités. Je me souviens notamment d'y avoir vu Pierre Grimal glosant sur Alexandre le Grand (Robert Rossen) et aussi un diplomate iranien intervenant à propos de La Bataille des Thermopyles (Rudolf Maté). J'en ai tiré la conclusion que les péplums qui avaient enchanté mon adolescence et déterminé mon intérêt pour l'Antiquité méritaient mieux que le mépris dans lequel ils étaient généralement tenus. Les articles pince-sans-rire de Jacques Goimard dans Fiction, et le merveilleux Les classiques du cinéma fantastique de Jean-Marie Sabatier m'ont conforté dans cette idée. Je n'ai pas tardé à découvrir la boutique de George «Count» Coune, The Skull, où j'ai commencé une collection d'affiches et de photos. Puis, en furetant dans ses rayons, j'ai découvert des fanzines comme Mad Movies première version (ronéo) de Jean-Pierre Putters, Le Masque de la Méduse d'Alain Petit, ou Le Styx de Thierry Ollive. Comme j'adorais écrire, j'ai décidé de faire de mien, Péplum.

-Ce fanzine était assez unique en son genre. Par les sujets traités qu'on retrouvait rarement dans d'autres publications mais aussi par le travail de fond énorme que vous réalisiez pour chaque numéro.

Je n'ai fait que rendre à César ce que je lui devais. Le cinéma et la BD antiquisantes ont suscité des vocations d'historien. Nombre d'entre eux le reconnaissent d'ailleurs volontiers, aussi mon cas n'est-il pas unique. Quand je voyais des films, j'avais envie d'en savoir plus. Je me suis spécialisé dans l'Antiquité gréco-romaine, mais je m'intéresse aussi aux Croisades, au Premier Empire, à la Guerre de Sécession, aux guerres coloniales de la seconde moitié du XXe s. Mon film cultissime n'est du reste pas un péplum, mais celui qui retrace la bataille de Rorke's Drift, le 22 janvier 1879 (Zoulou, Cy Endfield, 1964), avec les merveilleux Michael Caine et Stanley Baker (Achille dans Hélène de Troie de Robert Wise !). Toutefois il ne me viendrait pas à l'esprit de me livrer à l'exégèse de ces événements que, pourtant, je connais fort bien : ne dit-on pas que qui trop embrasse, mal étreint ?

Donc, j'aime aussi le cinéma fantastique et les westerns — tant américains qu'italiens —, les polars etc. Mais je reviens toujours à la Grèce et à Rome, dont j'aime à exhumer le moindre bout de pellicule, à fouiller les moindres recoins. Les événements, mais aussi les mentalités. Rien ne m'exaspère davantage que la confusion du paganisme avec le judéo-christianisme (le dieu grec des Enfers, Hadès, fréquemment confondu avec Satan, p. ex.). Attentif encore à la reconstitution archéologique, les armes, les chars, les bateaux, les vêtements — les femmes romaines ne s'habillaient pas «glamour» comme dans les films. Et même la gastronomie.

Quand j'avais 8-9 ans, je rentrais du cinéma et consultais mon Petit Larousse : il me confirmait que tel ou tel personnage a bien vécu à telle date et a accompli ceci ou cela. Le film que j'avais vu était donc en accord avec la doxa. Puis, ma documentation s'étoffant, j'ai pris conscience des libertés que se permettait le cinéma avec ses filmmakers qui avant tout cherchaient à raconter une bonne histoire, mais qui ne sont pas des spécialistes. La contrainte des nécessités scénaristiques. Dans un film épique destiné au grand public ou au public populaire, il faut que le bien triomphe, que le héros retrouve sa fiancée pour le happy-end. Et que le méchant soit, vraiment, «trrrès méchant» ! La vérité était souvent bien différente.
Ainsi les chrétiens n'étaient pas toujours les «petits saints» que nous dépeint le cinéma. Néron ne les a probablement jamais persécutés (Caligula encore moins). Aspirant au martyre, les Montanistes, par exemple, étaient des provocateurs cherchant délibérément à défier l'autorité. Des djiadistes avant la lettre ! Dans Il Crollo di Roma, le spectateur non prévenu aura l'impression que les méchants païens une fois de plus persécutent les chrétiens; or l'histoire se passe sous Valens, un empereur d'Orient confessant l'arianisme — secte chrétienne hérétique ainsi nommée d'après l'évêque d'Alexandrie, Arius — et grand persécuteur des catholiques. Mon dossier sur Théodora impératrice de Byzance est parti de ce que j'avais rencontré Riccardo Freda au Festival Péplum en Val-de-Marne (1983). La Byzance de Justinien ne m'était pas très familière, c'est l'Antiquité tardive, mais une réplique avait éveillé ma curiosité : l'empereur catholique disait à son amante, en substance : «Tu n'es pas chrétienne mais égyptienne !» En fait, elle était Monophysite, une autre hérésie soutenant que la nature du Christ était uniquement divine, pas humaine. D'où que dans mon dossier je me sois intéressé aux diverses variantes du christianisme des Ve et VIe s. Alors oui, celui-ci fut... passablement copieux !   

En instable équilibre entre «histoire» et «fiction», j'ai conscience de la délicate situation qui est la mienne. Quand je vois un film traitant d'un sujet que je connaissais pas, découvrant par la suite des inexactitudes, des anachronismes je me sens frustré, floué. Mais certes, je comprends que les scénaristes, dans un film de 120', doivent simplifier, raccourcir, limiter le nombre de personnages en attribuant à celui-ci ce qu'a dit celui-là.
En revanche, si le sujet m'est très familier, je m'amuse beaucoup des libertés prises par les auteurs du film, même les plus lourds poncifs ! La quadrature du cercle. Contradiction ? Peut-être. Mais j'aime mieux parler de paradoxe !
Le péplum parfait est impossible et je le sais.

Toutefois, si le cinéma donne envie à un spectateur en état de grâce d'aller voir plus loin, d'ouvrir des bouquins, j'en serai ravi.
Mais je persiste à penser qu'un film historique doit avoir aussi une mission éducative : le plus souvent, le spectateur lambda n'ira pas voir plus loin et prendra pour argent comptant tout ce qu'il a vu sur la toile ou lu dans une BD, dans un roman historique.

Aujourd'hui, je fais un peu de reconstitution historique et je constate que les animateurs de groupes sont des gens très compétents et souvent très érudits dans leur partie. Mais beaucoup de simples légionnaires — des amateurs tout de même suffisamment motivés pour avoir payé de leurs deniers un coûteux équipement (casque, cuirasse...) — trouveront encore leur credo dans ce qu'ils ont vu au cinéma. Peu soucieux des écarts de mentalités, de l'évolution des moyens et des modes. Espace ludique, décor exotico-fantasmatique, le péplum feint d'ignorer que nous savons pertinemment que les Romains étaient des gens fort austères et prudes. Ce qui n'empêchait pas il y a 2.000 ans, comme encore aujourd'hui, des dérapages à la DSK ! N'oublions pas que la société romaine était un monde à deux vitesses, et que ce qui pouvait être exigé d'un esclave était une indignité pour un citoyen : en matière de sexualité, par exemple, leurs tabous étaient très différents des nôtres. Mais je m'égare...

-Quels retours aviez-vous à l'époque ?

Mon fanzine était, notamment, une carte de visite pour pénétrer chez les distributeurs et leur soutirer des photos, press-books etc. J'avais découvert l'existence de cette profession en accompagnant le curé de mon village, qui s'occupait aussi du cinéma paroissial. À cette époque, j'étais loin d'imaginer qu'un jour je travaillerais sur les péplums et reviendrais en leurs bureaux, solliciter leurs archives. Pour l'heure, je me contentais de voir les films... et de bouquiner sur l'histoire et, surtout, la mythologie grecque.
Mon tirage était microscopique, et touchait bien entendu les «bisseux» de l'époque, les collectionneurs etc. J'étais du reste en contact avec les principaux d'entre eux (Pierre Charles, Norbert Moutier, Marcel Burel, Lucas Balbo).

Mais j'étais aussi approché par les enseignants — antiquisants ou non — qui avaient compris que le cinéma et la BD méritaient mieux que l'espèce de mépris où, jusqu'alors, on les tenait (les sus-évoqués Dossiers de l'Écran constituant une heureuse exception). Maintenant, on fait des colloques universitaires sur le Péplum (Cinémathèque de Toulouse, 2011), l'Antiquité en BD (Université de Pau, 2011 — dont les Actes viennent de paraître cette année) et même des expositions comme aux Musées d'archéologie gallo-romaine de Lyon-Fourvière et de Vienne, 2012. Et la très sérieuse Avant-Scène Cinéma vient de sortir, qui l'eut cru ?, un numéro consacré à Hercule à la Conquête de l'Atlantide de Cottafavi (ASC n° 622, mai 2015 — sous la direction de Laurent Aknin).

-Ensuite vient Kolossal. C'était quoi l'idée avec ce 2ème titre ? Réaliser de gros dossiers en parallèle de Péplum ?

Kolossal a succédé à Péplum, pas en parallèle. Ce fut tout simplement la possibilité de ne plus mettre une numérotation sur la couverture, et donc de ne plus avoir à donner suite à un lecteur qui me réclamait le numéro untel qui lui manquait. Car j'ai aussi les défauts de mes qualités : je suis ou j'étais un pitoyable gestionnaire/diffuseur. Ces questions administratives ne m'intéressaient pas des masses. Seul comptait, pour moi, le plaisir de la recherche et de l'écriture.

-À la fin du n° 3-4 de Péplum vous parlez aussi d'un Bulletin ?

C'était pour faire patienter les lecteurs, vu les délais entre deux parutions. Je crois bien n'en avoir jamais fait qu'un seul, un simple feuillet informatif. Comme commercial, il y a sûrement mieux que moi. Avec mon site Internet, je n'ai plus ce genre de souci, Deo gratias.

-Qui a collaboré à ces fanzines ?

Moi principalement. «Moi, moi, dis-je, et c'est assez» (Corneille, Médée, I, 5). J'étais auteur-éditeur, en somme. Un ami d'enfance, Michel Lequeux — professeur de latin et historien de l'art —, y a toutefois commis une excellente étude archéologique sur les décors du film Caligula. Une autre latiniste était venue chez moi consulter ma doc pour sa thèse de doctorat sur la République romaine au cinéma : Nadine Siarri-Plazanet, qui avait rencontré et interviewé Vittorio Cottafavi et m'en fit profiter (j'ai ainsi apporté mon écot à plusieurs mémoires universitaires). Laurent Aknin a transcrit celle de Freda que j'avais enregistrée lors du précité Festival du film péplum en Val-de-Marne. Un autre bon correspondant, Fal — collaborateur de Starfix —, au hasard de ses déambulations rencontra Françoise Blanchard et Antonio Passalia (Caligula et Messaline; Les Aventures Sexuelles de Néron et Poppée) et m'envoya la K7. Des opportunités comme ça. La plupart de mes amis ou correspondants étant prof de quelque chose — que serait le fandom sans l'intercession de représentants du «plus beau métier du monde» ? — je me suis assez rapidement constitué un carnet d'adresses intéressant.


-Pour quelles raisons avez-vous décidé d'arrêter la publication de fanzines et de créer le site http://www.peplums.info ?

Des tas de raisons se sont conjuguées. Je ne vais pas toutes les énumérer ici. La création d'un Club Bob Morane dont j'ai bien malgré-moi fini par être le rédac'chef pendant deux ans, et de nombreuses exégèses sur ce personnage pour les éditions Claude Lefrancq m'ont un temps éloigné de l'assidue fréquentation du péplum. En fait, pendant cette période qui a bien dû durer quatre ou cinq ans, je me suis limité à scanner ce que j'avais déjà fait, publié ou non, ainsi que de nombreuses fiches techniques et synopsis qui sont devenus ma base de données perso. Mon précieux outil de travail actuel, constitué à une époque où je ne connaissais ni Internet ni IMDb.

Ensuite, une amie journaliste de cinéma, Françoise De Paepe, qui venait de créer un site Internet baptisé Cinérivages, m'a appelé à la rescousse. Elle ouvrait ses pages virtuelles à toutes les tendances cinématographiques. J'ai donc animé la rubrique «péplum» : Les Nouvelles du Fronton. Son décès inopiné, début 2003, m'a contraint à créer mon propre site avec l'aide d'un Webmaster, Lucien J. Heldé (Empereurs-romains.net).

Je dois dire que l'édition papier commençait à me gonfler un peu : c'était une merveilleuse carte de visite, mais je ne rentrais pas dans mes frais et devais supporter des commentaires du genre : «Dommage qu'il n'y ait pas de photos couleur.» Ou «C'est cher !» Eh bien oui, c'était 'relativement' cher. Mais considérons que je faisais tramer les photos sur bromure, ce qui était hors prix au regard du faible tirage de ces petites éditions underground qu'étaient et seront toujours les fanzines.

Maintenant, je puis mettre en ligne des photos couleurs et ça ne me coûte que mes frais de documentation. Et pour ce qui est d'ouvrir des portes, une simple carte de visite de 5 cm me suffit : «Venez donc voir mon site !»
Il est gratuit, La Poste ne risque plus de détériorer ou d'égarer les envois, et je ne suis jamais en rupture de stock. Cliquez, et vous êtes servi. Vous aimez le papier ? Imprimez donc. Cependant il y aura toujours des dinosaures pour se plaindre : «Mais moi, je n'ai pas Internet !» Heureusement, l'espèce est en voie de disparition.

-Avez-vous collaboré à d'autres fanzines ou revues du cinéma ?

Pas énormément. Deux ou trois articles dans Ciné Zine Zone de feu Pierre Charles, autant dans Monster-bis de Norbert Moutier. Un dans l'unique numéro de The Bat de Marcel Burel et un autre dans Mad Movies (version prozine) de Jean-Pierre Putters. Je ne vois rien d'autre, hors Reflets, mais ça, ça concerne plutôt Bob Morane ! Ah si ! BC — Before Conan de Carlo Piazza (Turin). Aussi des dossiers pédagogiques pour l'ARELAP [Association régionale des enseignants de langues anciennes — Paris] (L'Égyptien, Hercule et Ben Hur : Jérusalem contre Rome), pour la FPGL (Ulysse 31), pour Les Grignoux [Liège] (Ben Hur).

En revanche j'ai écrit quantité d'articles pour des catalogues de festivals péplum ou biblique, des communications dans des colloques universitaires, ou des revues comme CinémAction, Les Dossiers d'Archéologie, Les Cahiers des Paralittératures, Autrement, Historia et même une fois dans un magazine familial comme Télé-Moustique (je vous fais grâce du Bulletin de la F.P.G.L., de Français 2000 (S.B.P.F.), Grand Angle ou Le Journal du Médecin...) — partout où l'on pouvait conjuguer le staff avec le marbre de Carrare, on me retrouvait le calame à la main. Toutefois il s'agissait généralement de collaborations occasionnelles, de one-shots sur un sujet thématique précis.

Dans le registre BD, j'ai écrit pour Jacques Martin deux albums, La Marine Antique («Les voyages d'Alix»). J'avais commencé la rédaction d'une Vie quotidienne à Rome sous Néron, vue par le cinéma, mais Tallandier renonça rapidement à ce projet de collection «La vie quotidienne... vue par le cinéma» avant même d'en avoir lu une ligne de ma main. Dommage.


-Vous apparaissez dans les bonus du DVD Le Grand Défi sorti chez Artus. Comment ça s'est passé ?

Un des tout premiers DVD commercialisé par Artus fut Le Chevalier Blanc de Giacomo Gentilomo, consacré à Siegfried et aux Nibelungen. M'intéressant à la mythologie germanique et fan de Wagner, je lui ai consacré un gros dossier sur mon site. Ensuite on est resté en contact. Thierry Lopez avait l'habitude de convier en bonus l'érudition d'Alain Petit pour le gothique italien, de Curd Ridel pour les westerns, et de quelques autres encore. En la circonstance, c'est tout naturellement à moi qu'il a songé pour le péplum. Ça m'a beaucoup amusé de faire, à travers Le Grand Défi : Hercule, Samson, Maciste et Ursus, le bilan du muscle-opera des Sixties, dont ce film fut, du reste, le chant du cygne.

-Vous avez d'autres projets avec cet éditeur ? Des projets personnels ?

Il est probable que si Thierry acquiert les droits DVD pour d'autres péplums, j'en assumerai également les bonus. L'avenir nous le dira. En passant, je vous signale que BQHL vient de rééditer, le mois passé, Moi Claude Empereur, le feuilleton BBC de 1976, dont j'avais également assuré le bonus pour Antartic il y a quelques années (interviewer : Marc Toullec, de Mad Movies).

-Quel regard portez-vous sur le fanzinat aujourd'hui ?

Il y a longtemps que je ne lis plus de fanzines, ni non plus de magazines de cinéma. Pour les premiers, disons que je suis resté très '50-60-70 et que le gore me débecte (sauf le gore intelligent comme dans La Passion de Mel Gibson, qui certes en remet une couche, mais nous change de ces confiseries pascales que l'on voit d'habitude à l'écran. Une crucifixion, c'est hard !).
Pour les magazines généralistes, je trouve sur Internet tout ce dont j'ai besoin, notamment les dossiers de presse.

-Si on vous proposait de rééditer vos fanzines, individuellement ou sous forme d'intégrale, comme cela a été fait récemment avec 20 ans de Western Européen, vous en penseriez quoi ?

A priori je ne suis pas très intéressé, et ce pour deux raisons :
            1) Mes maquettes d'époque ont été démembrées. Et partir d'un exemplaire existant serait scabreux : depuis mes débuts, les photocopieuses ont heureusement évolué qualitativement. Et mes talents de maquettiste aussi. Alain Petit avait, lui, conservé intactes ses maquettes...
            2) Depuis cette époque héroïque, j'ai évolué, j'ai lu d'autres bouquins, affiné mes recherches. Je voudrais alors tout remanier, donc y consacrer du temps et me retrouver prisonnier d'un agenda, alors que j'ai déjà tant de mal à suivre l'actualité — c.-à-d. les films nouveaux ou les rééditions DVD, mais aussi les BD.

Mais ça ne me déplairait pas, en revanche, d'enfin pouvoir pondre une brique sur le péplum. Avis aux éditeurs !

Un énorme merci à Michel Eloy.
N'hésitez pas à visiter son site peplums.info, tout simplement indispensable pour tout amateur de péplums.

lundi 1 juin 2015

Cannibale Fanzine n° 5

On n'avait pas trop de nouvelles du Cannibale Fanzine. Mais comme on dit: "pas de nouvelles, très bonne nouvelle" et donc le voici qu'il débarque enfin (un an et demi quand même après le quatrième). A très vite commander! Et si vous n'avez pas encore les précédents achetez-les en même temps avant qu'il ne soit trop tard.

Le sommaire:
- Le Cinéma Orphelin de Jean Louis Van Belle : entretien fleuve avec le réalisateur de Paris interdit et Le Sadique aux dents rouges (21 pages) + Filmographie passée au crible (19 pages)
- Raising Cain Re-cut, l'esprit retrouvé : interview de Peet Gelderblom et retour sur le « fan director's cut » du film de Brian De Palma
- Le cinéma transplanté de Doris Wishman : l’hybridation au cœur du cinéma de l'auteur de Let Me Die a Woman
- Jörg Buttgereit, le cinéma d'exploitation entre quatre planches : analyse des captations des pièces radiophoniques du réalisateur des Nekromantik
- Belle comme un camion : les films d'action de la star mexicaine Rosa Gloria Chagoyán
- Absurde Séance Festival : trois films pas très catholiques
- Lecture : la pentalogie de Maïk Vegor, ou les tribulations sadico-serialesques d'une adepte de l'amour fou
- Notes de lectures


72 pages - N&B – Couverture couleur.
7 € (+2 € frais port).


Pour commander:
- Paypal
Facebook, cannibalepeluche@hotmail.fr ou écrire à Association Cannibale Peluche,
13 passage Gavarni, 76600 Le Havre.

jeudi 21 mai 2015

Towanda! n° 1


Encore un nouveau venu! Décidément le premier semestre 2015 devrait battre des records en matière de sorties avec d'autres titres qui arrivent bientôt. Et on ne s'en plaindra pas.

Towanda #1, 48 pages A5 en noir et blanc
Au sommaire: des chroniques de films, de fanzines, des comptes rendus du FEST' Festival 2014 à Paris, du festival Femmes en résistance 2014 à Paris, du Bloody movies 2014 à Villejuif, une longue interview de David Carville du fanzine Délivrance, un article sur le nouveau cinéma Sud-Coréen, des news, des photos de la zombie walk 2014 à Paris.
2 euros + 1,50 euro de frais de port.


http://towanda.ek.la/boutique-p1027474

lundi 11 mai 2015

Zone 52 n° 2


En voilà une belle couverture! C'est celle du n° 2 de Zone 52 que l'on peut dès maintenant pré-commander ici pour une sortie courant juin.

Un petit aperçu du sommaire de ce numéro 2 (110 pages, format A5) :

Cinéma:
- Dossier Western italien
- Chroniques (Starcrash, Howard the Duck, Electric Boogaloo...)
Musique :
- Soundtracks : interview Raphaël Gesqua
- Qu'est-ce qu'un groupe ?
- Depuis des Lustres
- La Latin Rap Connection des 90's
- Metal Zone
- Chroniques
Bouquins:

- Dossier Trash & Gore : interviews David Didelot et Julien Heylbroeck / chroniques
- My Soul on Fire

...
Le complet sur le site Zone 52.

vendredi 1 mai 2015

Entretien avec Didier Lefèvre

Entretien publié le 11 mars 2015 sur le site Toxic Crypt et réalisé par Rigs Mordo.

medusafanzin
 
Quelle fut l’impulsion qui te poussa à créer ton propre fanzine ?

Dans mon cas, l’impulsion est triple. La première, c’est comme pour beaucoup d’éditeurs de fanzines, à travers Mad Movies, que je lisais déjà lorsque j’étais très jeune. Son histoire, le fait que ce soit un fanzine qui soit devenu un magazine, c’est quelque-chose qui m’a inspiré, qui m’a fait rêver et croire que cette aventure formidable était réalisable. La deuxième impulsion c’est le fait que dans mon lycée il y avait pas mal de fanzines qui circulaient, principalement des fanzines musicaux. C’était quelque-chose de très développé et après avoir fait partie du journal lycéen j’ai créé moi-même mes propres fanzines. D’abord pour déconner, car on y trouvait de l’humour un peu débile et gras, puis petit à petit j’ai glissé dedans des articles sur le cinéma et de fil en aiguille c’est devenu du vrai fanzinat. Puis la troisième impulsion vient de mon envie de l’époque d’écrire, je voulais faire de l’écriture mon métier et c’était un moyen de s’exercer, on va dire !

Ton modèle principal était donc Mad Movies plutôt que d’autres fanzines de l’époque.

Au tout début, c’était Mad Movies, oui. Pas un modèle dans le sens où je cherchais à l’imiter mais c’était ma référence. Ce n’est qu’au milieu et à la fin des années 80, lorsque j’ai commencé Médusa, que je me suis mis à acheter d’autres fanzines comme Monster Bis, Cine Zine Zone, Inferno ou Darkness, qui existait déjà à l’époque. Ça m’a aidé à avoir l’idée de ce que serait Médusa, qui est d’ailleurs assez proche de ce qu’est le fanzine aujourd’hui, c’est-à-dire un fanzine avec beaucoup de plumes différentes, qui tente de diversifier la chose. Je me souviens que pour le troisième numéro de Médusa, j’avais écrit à plein d’autres rédacteurs de fanzines pour savoir s’ils voudraient bien me faire des articles car mon idée était de faire un « fanzine inter-fanzines ». Bon, je n’ai pas eu beaucoup de réponses et ceux qui m’avaient écrit ne me proposaient pas toujours quelque-chose d’intéressant mais c’était tout de même un brouillon de ce que Médusa est maintenant.

De fanzine semble-t-il entièrement consacré au fantastique, Médusa a peu à peu muté en un fanzine sans barrières, qui peut passer de la comédie au drame, de l’action au porno, tant que les films restent bis. C’est important pour toi de déployer toute cette variété, de ne pas mettre de frontières ?

Oui tu as raison, au départ c’était clairement orienté vers le fantastique car c’était vraiment le genre qui me plaisait. Et puis finalement je me suis senti un peu enfermé dans ces limites alors que j’avais envie de parler d’autres genres dont tout le monde ne parlait pas forcément. Et l’apport des fanzines m’a aussi fait changer, des fanzines comme Monster Bis, Inferno et Cine Zine Zone qui pour leur part parlaient de tout ! D’épouvante, de krimi, de films de capes et d’épées, de films de guerre,… Je me suis dit que finalement le bis était tellement riche qu’il ne fallait pas se donner de limites, qu’il fallait aller gratter toujours plus loin. Il faut dire qu’à l’époque avec la vidéo on trouvait de tout, du fantastique mais aussi beaucoup d’autres choses. Et puis en écrivant sur ces films, on se rendait compte que tel réalisateur n’a pas fait que du fantastique et qu’il a aussi versé dans la comédie, dans le polar, dans les films de capes et d’épées,… Donc si on voulait parler de tout, il fallait retirer ces limites, oui.

Après 26 ans de bons et loyaux services à la cause d’un bis varié, est-ce qu’il ne t’est pas difficile de trouver des sujets inédits, peu traités ?

Non car la force du cinéma bis ou populaire fait que c’est un puit sans fond, en fait. Aujourd’hui encore je trouve des films italiens, espagnols, même français ou américains dont j’ignorais totalement l’existence ! J’emploie souvent l’image de la pelote de laine mais c’est vraiment ça : on tire sur un fil et ça déroule des dizaines et des dizaines de films ! Bien sûr il y a beaucoup de mauvais titres dans le lot mais pour moi ce n’est pas un critère pour ne pas en parler. L’existence de ces films suffit pour qu’ils soient traités. Comme avec le temps j’ai de plus en plus envie de proposer de l’inédit, je ne m’impose aucune limite et si demain je découvre un réalisateur ouzbek, j’en parlerai avec la même passion que pour réalisateur italien ou français.

Tu proposes et le lecteur dispose et découvrira lui-même la qualité des films…

Je fais tout de même attention à l’avis des lecteurs mais bon… Actuellement je reçois beaucoup de lettres suite à la parution du Médusa 26 et chaque lecteur me dit ce qu’il a préféré et ce qu’il a moins aimé, ce qui l’a intéressé et ce qui ne l’a pas intéressé. Mais avec une niche comme le fanzine bis, si je veux faire plaisir à tout le monde je dois faire un numéro par personne, au final. Certains lecteurs ne voudront pas de ciné asiatique parce qu’ils ne supportent pas ça, d’autres lecteurs qui sont des bisseux hardcore me diront que l’on parle d’Evil Dead dans le dernier numéro alors que pour eux ce n’est pas du bis, d’autres diront qu’ils n’aiment pas telle ou telle interview et auraient préféré que je publie autre-chose à la place,… C’est du coup difficile pour un fanzine de tenir compte de l’avis des lecteurs. On m’a proposé de faire un referendum pour savoir un peu ce que les lecteurs voudraient et attendent de Médusa mais c’est exactement ce que je ne voudrais pas faire car j’ai envie de surprendre. C’est d’ailleurs pour ça que je n’annonce pas le sommaire trop à l’avance, que j’attends un peu, car le but c’est qu’il y ait de la surprise, de ne pas refaire toujours la même chose. Faire des numéros qui parlent de films dont j’ai déjà parlé auparavant, ça ne m’intéresse pas.

Et puis tu mettais parfois dans le fanzine que c’était « un fanzine de Didier Lefèvre ». J’imagine que ce n’est pas évident de faire quelque-chose qui plait aux lecteurs et qui te correspond aussi totalement…

Peut-être… Je n’en sais rien, en fait ! Mais quand je mets « Un fanzine de Didier Lefèvre » c’est parce que même si il y a de nombreux collaborateurs, et aussi excellents soient-ils, Médusa doit toujours être mon reflet. Il n’y a qu’un homme ou qu’une femme à la barre. C’est lui le capitaine du bateau, c’est lui le réalisateur si je veux faire une analogie avec le cinéma. Ainsi quand j’écris « Un fanzine de Didier Lefèvre », cela signifie que j’ai choisi tout ce qui se trouve dedans, y compris ce que je n’ai pas écrit. J’assume tout ce qu’il y a dans Médusa. Alors oui, il est possible que certains lecteurs se disent qu’il est dommage que je parle de tel ou tel sujet qui ne leur plaisent pas mais à la limite, si cela ne convient pas ils peuvent ne pas le prendre. Je ne mets un pistolet sur la tempe de personne pour l’acheter ! Et puis la liberté du fanzine, c’est aussi le fait qu’en vendre dix ou quatre-cent ne change pas grand-chose. Bon ça me ferait quand même chier de n’en vendre que dix (rires) mais dans l’absolu cela ne change pas grand-chose… Je n’ai pas des objectifs de chiffre, avec des compères qui me disent « Attention, tu dois parler de ça car c’est populaire et ça va te ramener plein de nouveaux lecteurs ». Et je pense d’ailleurs que tous les zineux évitent cette logique-là.

Il y a en ce moment une petite polémique sur l’intérêt, ou plutôt le manque d’intérêt, de publier des articles peu inédits dans un fanzine. N’as-tu pas peur qu’on finisse par entrer dans une course à l’inédit au détriment des réelles envies de l’éditeur d’un fanzine ? Se dire « J’ai envie de parler d’Evil Dead mais c’est trop connu, je vais plutôt prendre ce petit film, même s’il ne m’intéresse pas » ?

Il ne faut pas que les gens entrent dans cette démarche, en tout cas. Et pour moi, la polémique n’a pas lieu d’être puisque le fanéditeur met ce qu’il veut dans son fanzine. Après, je me mets aussi à la place du lecteur : est-ce que ça va m’intéresser qu’on reparle encore et toujours des mêmes films ? J’en sais rien… Mais je pense qu’il ne faut pas prendre le problème à l’envers. Les premiers numéros de Médusa n’étaient pas nécessairement très glorieux et on y trouvait peu d’inédit et c’est normal. Chaque fanéditeur a besoin de faire ses armes et pour ce faire il vaut mieux commencer par un sujet qu’on maîtrise bien. Si on se lance dans une aventure sur des films inédits sans maîtriser totalement le sujet, on va croiser des spécialistes qui vont nous tomber sur la tronche en nous reprochant de parler de choses qu’on connait mal… Ce que je fais aujourd’hui dans Médusa sur le cinéma grec ou allemand, je ne l’aurais pas fait il y a dix ans. C’est une question de maturité. Je pense en tout cas qu’il n’y a jamais trop de fanzines ! Si le fanzine reste l’objet d’un créateur, il doit être libre. Christophe Triollet a fait un article sur le sujet, sur le trop plein de fanzines et il aurait surtout été dans le vrai il y a vingt ans je pense, car on trouvait beaucoup de fanzines qui imitaient Mad Movies. C’était même plus qu’imiter puisqu’on trouvait des fanzines qui photocopiaient des pages de Mad Movies ou L’Ecran Fantastique. Bon là… Quand t’es lecteur, ça n’a aucun intérêt d’avoir des photocopies quand tu peux avoir l’original ! Et il y avait aussi beaucoup de fanzines qui pompaient les interviews des magazines pros et là aussi on se demande quel était l’intérêt… Cela dit, pour revenir à ce qui se fait maintenant, j’ai récemment lu le fanzine La Fraicheur des Cafards qui a écrit sur John Carpenter. Je ne peux pas dire que j’étais très enthousiaste à l’idée de lire quelque-chose sur Carpenter dont j’ai déjà vu tous les films, mais j’ai malgré tout pris du plaisir en lisant ce qu’ils avaient à en dire et leurs analyses. J’ai trouvé ça frais et sympa ! Et puis, à chacun son niveau d’exigence. Pour ma part, je n’exige pas la même chose d’un fanzine qui en est à son numéro 2 ou 3, lorsqu’il est presque en rodage, d’un plus ancien qui en est à sa quinzième publication.

Médusa est quasiment un objet de collection, avec ses couleurs, son nombre de page, sa mise en page,… Bien sûr, tu parviens à tout cela grâce à l’informatique ! Ne regrettes-tu pas un peu le temps du collage, de l’agrafage, du découpage à la main ?

Honnêtement, non ! (rires) Je pense qu’il faut vivre avec son temps et si je ne regrette pas ce que j’ai fait et je ne regrette pas non plus que tout cela ait évolué. Les heures que je passais dans les boutiques de photocopies qu’on trouve souvent près des universités à photocopier des Médusa, les journées entières passées à allonger mes fanzines par terre pour pouvoir les faire, c’était hyper chronophage ! Je ne regrette certainement pas d’avoir un imprimeur qui me fait mes Médusa, qui me les assemble et tout ! Je n’ai plus qu’à les envoyer ! Ça, je ne peux pas le regretter ! Ce que je peux éventuellement regretter, c’est que comme à l’époque les photocopies étaient vraiment pourries, on devait se creuser la tête pour innover et je me souviens que je recherchais autant d’images et de fonds pour les pages que de sujets de films. Mais sinon je ne regrette rien de l’époque !

De l’avis général, le fanzinat est lié à un coté amateur. Mais depuis quelques numéros, Médusa fait la nique aux magazines professionnels ! Est-ce que tu n’as pas peur de perdre ce côté « fait maison », de devenir « trop réussi » pour le fanzinat ?

Ça reste amateur tout de même, il ne faut pas croire ! Médusa ce n’est pas mon métier, ça ne me fait pas vivre, j’ai un ordinateur normal et je fais mes mises-en-pages sur Word, je ne suis pas un pro de la PAO ! Pour la beauté de l’objet, puisque l’on peut faire quelque-chose de beau avec des machines qui permettent des copies numériques absolument parfaites, pourquoi s’en priver ? Je ne sais pas si Médusa est trop réussi en tout cas… Je reste très critique dessus. Dans le 26 il y a des coquilles que j’ai laissé passer, un bout de l’interview de Cindy Hinds qui manque ou qui est caché par une photo,… Si j’étais un pro, cela n’arriverait pas ! Cela reste donc amateur dans sa conception.

Tu ne t’arrêtes pas à Médusa puisque tu relances aussi Hammer Forever cette année ! Qu’est-ce qui a motivé ce retour très attendu par tes lecteurs et à quoi devons-nous nous attendre ?

Nous parlions tout à l’heure des agrafages et tout ce qui va avec, et bien Hammer Forever c’était un pari fou dans mon existence. Le but était de créer un fanzine mensuel, qui n’avait certes pas beaucoup de pages mais qui nécessitait tout de même de voir les films et faire des recherches, tout mettre en page avec des moyens qui ne sont pas ceux d’aujourd’hui,… Et tout cela prenait énormément de temps ! En plus, ce fanzine avait eu du succès pour l’époque. On n’en avait pas vendu des centaines de milliers mais j’avais mis en place un système d’abonnement et j’avais une centaine d’abonnés, ce qui est vraiment pas mal pour un petit fanzine. Mais c’était encore des heures devant la photocopieuse, des heures à tout assembler, des jours de courses effrénées pour récupérer les textes,… Mon pote Romain Hermant, avec qui je faisais le fanzine, me mentait effrontément en me disant qu’il avait fini ses textes alors que ce n’était pas vrai ! (rires) Je le savais très bien mais c’était une sorte de jeu entre nous. Mais c’était vraiment une course effrénée et j’ai arrêté car je frisais le burnout à la fin. Et puis avec l’explosion des frais postaux, c’était devenu un gouffre… Mais cette idée de relancer Hammer Forever a fait son chemin en moi, au début j’étais vraiment contre et puis petit à petit je me suis laissé embrigadé et séduire par l’idée tout en sachant que ce ne serait pas la même formule que l’ancien. Ce ne sera pas un mensuel, je pense plutôt qu’il y aura deux ou trois numéros par an et ce sera bien évidemment beaucoup moins épais qu’un Médusa puisque cela devrait faire entre 20 et 30 pages par numéro, je pense. On va en tout cas explorer ce que l’on n’avait pas fait à l’époque, on ne va donc pas refaire Le Cauchemar de Dracula ou Les Maléfices de la Momie mais d’autres choses. Et je pense qu’avec la technologie actuelle, cela pourrait faire de beaux objets ! Je suis en tout cas assez enthousiaste ! Par rapport à Médusa, il y aura beaucoup moins de monde dans le comité de rédaction. Il y aura bien sûr Romain Hermant car pour moi c’était impensable de refaire Hammer Forever sans lui alors qu’il était le co-fondateur de la version mensuelle. C’est d’ailleurs lui qui m’a relancé suite à sa réception du Médusa 26, il s’est rendu compte que ça lui manquait de ne pas écrire et comme de mon côté l’idée de relancer Hammer Forever me trottait dans la tête j’ai dit « Banco, on relance l’affaire » ! Je pense en tout cas dévoiler le sommaire vers le mois de mai et j’espère que nous aurons terminé pour le Bloody Week-End, histoire que les gens puissent l’acheter là-bas en premier lieu. Et puis pour ne pas arriver les mains vides, aussi ! (rires)

Retrouvez l'intégralité de cette interview sur Toxic Crypt.
Un grand merci à Rigs Mordo!